Depuis une trentaine d’années, la production et l’offre de perles ont augmenté en quantité et en variété. Aujourd’hui, nous voyons de nouveaux types de perles, il y a de nouveaux producteurs et distributeurs par rapport à il y a quelques années. 

Depuis le début du XXe siècle, lorsque la perliculture a commencé au Japon, ce pays a contrôlé la production pendant presque tout le siècle. C’est au milieu des années 1990 que d’autres producteurs et distributeurs entrent en scène. Jusqu’alors, les perles japonaises, que nous appelons habituellement akoya, représentaient 70 % en valeur du volume total des transactions. A cette époque, les perles noires de Polynésie française que les perles d’Australie, d’Indonésie et des Philippines jouissaient d’une admiration grandissante en même temps que les perles chinoises faisaient irruption dans ce qui était auparavant un monde « harmonieux ». Aujourd’hui ce n’est plus le cas.

L’approche actuelle est la suivante, le Japon ne contrôle plus directement la production mondiale de perles akoya qui se partagent désormais des parts de marché avec d’autres types de perles. À l’heure actuelle, de manière générale, sans oublier qu’il existe d’autres types de mollusques producteurs de perles et d’autres pays, les principales perles de culture qui alimentent la demande de bijoux sont les suivantes :

Mers du Sud, du mollusque pinctada maxima, une huître d’eau salée élevée en Australie, en Indonésie, aux Philippines et en Birmanie. La couleur de ces perles va du blanc argenté au blanc crème. Ils ont généralement plus de 10 mm.

Golden, du mollusque à lèvres dorées pinctada maxima, cultivé principalement aux Philippines, certains en Australie, en Indonésie et en Birmanie. Au début des années 2000, les perles dorées ont commencé à être très valorisées, ce qui a conduit le marché à accepter également d’autres couleurs jusque-là peu attractives ; des perles violettes, lavande, orange ou rougeâtres sont désormais mélangées dans un même collier qui associe même des perles d’eau douce et d’eau salée et est proposé pour des dizaines de milliers d’euros.

Perles noires, issues du mollusque pinctada margaritifera, une huître cultivée en Polynésie française. On dit souvent que ces perles sont noires, mais en réalité, en plus du noir, beaucoup sont grises avec diverses nuances de vert ou de violet, elles varient légèrement en forme, mais les plus appréciées sont les sphériques.

Perles d’eau douce, principalement du mollusque Hyriopsis cumingii, blanches, certaines colorées, d’autres teintes ou irradiées. Elles sont également cultivées avec un noyau.

La culture de ces dernières, les perles d’eau douce, communément appelées perles de Chine, a considérablement évolué dans tous les aspects : production, taille, forme et qualité. Certaines dépassent 8 mm et peuvent être comparées en qualité et en couleur aux perles des mers du Sud. Sur la côte sud de ce pays, elles sont cultivées dans l’eau de mer même avec un noyau et de taille considérable.

Avec tout ce panorama, l’identification des perles se complique chaque jour, une tâche que certains gemmologues rejettent, à mon avis, de manière injustifiée car les perles continuent d’être un matériau gemmologique et, en plus, l’un des plus reconnus et utilisés depuis l’Antiquité. . . 

Techniques nécessaires pour reconnaître définitivement ces joyaux

Tout d’abord, une fois que l’on sait qu’il s’agit d’une perle et non d’une imitation, le plus simple est peut-être de savoir si la perle a été cultivée en eau douce ou en eau salée. À cette fin, nous avons sélectionné quelques spécimens préalablement identifiés de notre collection pour tester une technique d’analyse élémentaire qui confirmerait la présence de manganèse dans les spécimens, ainsi que les pourcentages de strontium. En principe, les perles de culture d’eau salée ne devraient pas avoir de manganèse ni de strontium détectables, tandis que les perles de culture d’eau douce devraient montrer du manganèse et moins ou pas de strontium.

La technique choisie pour le test est la fluorescence X. Cette technique spectroscopique utilise l’émission fluorescente générée par l’excitation d’un échantillon avec une source de rayonnement X. Il s’agit d’une analyse chimique non destructive, à la fois qualitative et quantitative, des éléments compris entre le fluor et l’uranium à partir de très faibles concentrations jusqu’à 100 % du matériau. La fluorescence des rayons X à dispersion d’énergie (EDXRF) est une autre variante de cette méthode d’analyse qui est très souvent utilisée dans l’analyse des perles, mais dans certains cas, nous pouvons avoir recours à la microfluorescence des rayons X (µXRF) qui permet l’examen d’échantillons très petits et localisés. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *